FLNC : 50 ans après
Il y a cinquante ans, le 5 mai 1976, le FLNC signalait sa naissance par une nuit bleue.
Le mouvement clandestin, issu de la fusion du FPCL et de Ghjustizia Paolina, se positionnait dès lors comme un outil essentiel de la lutte contre le colonialisme français. Organisation politico-militaire, le FLNC allait prendre une place de plus en plus importante, voire incontournable, dans le paysage politique corse.
Sa première publication, « Le Livre vert », allait définir ses orientations politiques et ouvrir la voie au nationalisme indépendantiste et autodéterminationiste, le distinguant nettement de l’autonomisme de l’ARC, puis de l’UPC.
Dès 1978, plusieurs militants clandestins sont arrêtés par la police française et sont condamnés dès 1979 par la Cour de sûreté de l’État à de lourdes peines. Malgré l’élection en 1981 de François Mitterrand et la première amnistie des prisonniers politiques, le mouvement clandestin n’arrête pas son activité, bien au contraire.
Luttant contre la colonisation de peuplement et la spéculation immobilière – ayant contribué, qu’on le veuille ou non, à amener l’État français sur les voies de la décentralisation – la structure se positionne en « direction politique de la lutte », une lutte s’articulant sur le triptyque « lutte armée – lutte de masse – lutte institutionnelle ».
La force de frappe et le capital sympathie du FLNC au sein de la population corse croissent de pair, jusqu’au tournant des années 1990.
C’est dans cette période que les scissions seront les plus dramatiques pour le mouvement national, ponctuées par de trop nombreux affrontements meurtriers. Le FLNC n’est alors plus uni.
En 1999, les accords de Migliacciaru « bannissent tout rapport de force violent entre nationalistes ».
Depuis le début des années 2000, l’organisation politico-militaire – marquée sans doute par cette guerre et par d’autres enjeux – se fait moins présente sur le terrain, laissant de facto progressivement la place à un nationalisme public ayant gagné le pari de devenir majoritaire à l’Assemblée de Corse.
C’est ainsi que la veille de ce 50e anniversaire, Gilles Giovannangeli, ancien membre du FLNC, accédait à la présidence de l'Exécutif de Corse en lieu et place de Gilles Simeoni. Un clin d'œil de l’histoire, et surtout l’occasion de recueillir le sentiment des élus de l’Assemblée de Corse sur ces 50 ans de l’organisation clandestine.
Pour Gilles Simeoni, même si le choix réside aujourd’hui dans l’action publique, on ne peut oublier les raisons qui ont conduit à la naissance du FLNC. Une entité qui a joué un rôle plus que primordial dans les avancées majeures des institutions de la Corse.
On l’écoute.
Même constat du côté de Paul-Félix Benedetti. Pour le président du groupe Core in Fronte, il ne faut rien oublier du passé, et surtout pas le sacrifice des militants, qui a permis à la nouvelle génération d’occuper la scène politique publique de premier plan.
Il faut aujourd’hui, a dit le maire de Sartène, que ces sacrifices n’aient pas été vains et que la Corse accède à la souveraineté et à la paix revendiquées depuis plus de 50 ans.
On l’écoute.
Pour Jean-Christophe Angelini, le constat est le même.
Le leader d’Avanzemu souhaite également que le processus en cours soit à la hauteur des sacrifices passés.
On l’écoute.
