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Homme menaçant neutralisé à Ajaccio : "les policiers n’avaient plus d’autre alternative pour sauvegarder leur intégrité et celle d’autrui" selon les premières auditions

Le procureur de la République d'Aiacciu dresse ce dimanche un nouveau point sur l’enquête, après la neutralisation d’un homme menaçant à Aiacciu.

"Le 20 décembre 2025 entre 12h00 et 12h30, le commissariat de Police était appelé par le gérant du bureau de tabac boulevard Dominique Paoli à Aiacciu) signalant qu’un individu s’était montré agressif verbalement et physiquement à l’intérieur du commerce. Celui-ci précisait que cet individu avait tenté de se servir d’un couteau en tentant de porter des coups autour de lui. Le gérant ajoutait avoir réussi à le mettre en fuite sans que personne ne soit blessé. Il décrivait l’individu lors de son appel 17 en précisant qu’une première altercation avait eu lieu avec le même individu le matin aux alentours de 9h00" indique Nicolas Septe.

"Une employée de l’établissement entendue par les enquêteurs expliquait avoir vu l’individu lors de sa venue au bureau de tabac pour récupérer un colis. L’individu mesurant environ 185 cm et vêtu d’un pull vert foncé, vociférait et, de manière de plus en plus virulente, expliquait à une employée qu’il devait récupérer son argent qu’il avait gagné à une borne de retrait. La vendeuse lui expliquait qu’elle ne pouvait rien faire, en lui expliquant la procédure à suivre. L’individu ne voulait rien entendre et se tapait la poitrine de plus en plus fort. L’employée regardait son téléphone pour ne pas prêter attention à la scène mais l’individu lui donnait un coup dans le visage (lèvre, tempe, joue gauche) et lui arrachait son téléphone des mains avant de vouloir prendre la fuite. Les clients souhaitant le maîtriser, il sortait un couteau et balayait dans tous les sens en allant au contact des personnes présentes", explique le parquet.

"À la suite de cela, l’individu quittait les lieux et était retrouvé sur le cours Napoléon avec la description qui avait été faite aux policiers. A cet instant, deux équipages de Police arrivait sur place (deux équipages de trois policiers)".

L’individu prenait une trottinette en bas du cours, vers le tribunal. Il jetait alors sa trottinette en direction d’un policier et celle-ci atterrissait sur le parebrise d’une voiture".

"Les policiers arrivant à sa hauteur, le voyait avec un couteau dans la main. L’individu poursuivait sa route en remontant le cours Napoléon. En passant devant un autre magasin, L’individu se saisissait de divers objets présents sur le trottoir (cagettes, et objets à la vente) qu’il jetait en direction des policiers.

À cet instant, les policiers essayaient de le stopper à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique. Après un premier tir infructueux, les policiers essayaient de l’atteindre une seconde fois. Alors que l’individu arrivait à la hauteur du portail d’entrée de l’Ecole Saint-Paul, à côté du bar Le Valinco, des policiers tentaient de venir le maîtriser avec du mobilier (table haute / chaise) en le bloquant contre la grille.

L’individu arrivait à repousser le policier, puis se dirigeait précipitamment vers deux autres policiers qui lui demandaient une nouvelle fois de lâcher son couteau. Plusieurs témoins présents à cet endroit indiquaient, tout comme les policiers, que l’individu arrivait vers les deux policiers avec le bras levé et le couteau en leur direction. Un des policiers présent, après d’ultimes sommations faites à l’individu de s’arrêter, finissait par faire usage de son arme de service immobilisant ainsi l’assaillant alors qu’il se trouvait à environ 100 ou 150 centimètres de lui", expliquer Nicolas Septe.

Ce dernier ajoute que "les premiers passants auditionnés indiquaient que les policiers avaient fait tout leur possible pour intimer à l’individu de lâcher son couteau et ont repoussé du plus possible l’échéance pour faire usage de leur arme. Pour eux, les policiers n’avaient plus d’autre alternative pour sauvegarder leur intégrité et celle d’autrui". 

"L’individu était identifié avec les papiers qu’il détenait sur lui (carte d’identité sénégalaise et fausse carte d’identité belge) comme étant Mouhamed Gueye né en 1999 au Sénégal. Sur le plan administratif, Mouhamed Gueye était rentré en France en 2020 avec un visa d’étudiant".

S’agissant du mis en cause des recherches plus approfondies vont se poursuivre sur son état psychologique au moment des faits et son éventuelle imprégnation alcoolique ou sa consommation de produits stupéfiants. L’autopsie aura lieu en début de semaine prochaine.

L’enquête qui va se poursuivre activement permettra notamment d’exploiter les différentes vidéosurveillances saisies ainsi que de recueillir l’audition des différents témoins