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"Femu a Corsica doit devenir un parti de gouvernement", pour Gilles Simeoni

Publié le 17/07/2017, 09h51

(Communiqué de presse de Gilles Simeoni) - "La Corse est en train de vivre une mutation politique majeure. Cette mutation s’est  exprimée dans les urnes à travers trois dates clés :

- les élections municipales de Bastia de mars 2014, qui ont constitué la première défaite majeure de l’ancien système ; 

- les élections territoriales de décembre 2015 qui, en portant les nationalistes aux responsabilités, ont marqué l’ouverture d’une nouvelle ère pour la Corse ;

- les élections législatives de juin 2017 qui, en désignant trois députés investis par la majorité territoriale, ont confirmé et amplifié la dynamique enclenchée depuis lors. 

La majorité territoriale - ses élus comme les forces politiques qui la composent (Femu a Corsica et Corsica Libera) - est donc aujourd’hui confirmée dans sa légitimité par le suffrage universel. 

Elle se trouve également confortée dans son action qui, quoique bien sûr perfectible, aura permis en moins de vingt mois d’engranger nombre de résultats positifs et d’initier plusieurs démarches à portée stratégique.

Le calendrier va désormais s’accélérer et des échéances importantes se profilent sur le court et le moyen terme : élections territoriales de décembre 2017, recherche d’une solution politique globale avec l’Etat, chantiers stratégiques à mener à bien dans les domaines institutionnel (nouvelle Collectivité de Corse), politique, économique, social, et culturel...

Ces questions seront bien sûr abordées cet été entre les composantes de la majorité territoriale, avant une rentrée chargée, et l’engagement de la campagne électorale.

Certains points, comme celui de la reconduction de l’axe Femu a Corsica/Corsica Libera, qui forme l’ossature de la majorité territoriale « Per a Corsica », ne font pas débat.

Cet axe a en effet été la clé de la victoire de décembre 2015, de la réussite politique dans l’exercice des responsabilités qui s’en est suivi, ainsi que du succès électoral de juin 2017.

Il se présente donc comme un acquis majeur et irréversible.

Des questions importantes restent cependant à trancher ou à affiner entre les composantes de la majorité territoriale, ceci le plus rapidement possible : stratégie électorale et union au premier ou au deuxième tour, gestion du troisième tour en cas de victoire, rapport aux autres forces politiques nationalistes et non nationalistes, attitude face à l’Etat en fonction de l’attitude de celui-ci..

De façon plus générale, je considère qu’il nous faut aussi entendre le message que nous ont délivré les Corses à travers les dernières élections législatives.

J’en tire pour ma part les enseignements suivants.

Au premier tour, la démarche « Per a Corsica » a fait la preuve de son enracinement sur tout le territoire insulaire, du Nord au Sud, dans les villes comme dans les villages. Au deuxième tour, des dizaines de milliers d’électrices et d’électeurs, qui n’avaient pas voté nationaliste au premier tour, ont décidé de faire confiance à des candidats qui ont pris l’engagement d’être, en cas d’élection, non pas seulement les députés de leur famille politique, mais ceux de la Corse toute entière, et de l’intérêt général. Le même soutien, et pour les mêmes raisons, nous a été manifesté par des dizaines de maires, traditionnellement non nationalistes.

Cette confiance, celle des citoyens comme celles des élus locaux, nous honore et nous engage, individuellement et collectivement.

Nous devons y répondre par des choix et des décisions qui démontrent que cette confiance est justifiée.

En ce qui me concerne, je suis plus que jamais convaincu que notre démarche collective doit s’appuyer sur deux piliers indissociables :

- la fidélité aux fondamentaux de l’idée nationale, pour lesquels des générations de femmes et d’hommes se sont battus depuis des décennies ;

- notre capacité à intégrer celles et ceux qui, hier encore, ne partageaient pas nos idées mais sont désormais désireux d’apporter leur pierre à l’édifice commun : celui de la construction démocratique d’une Corse émancipée et apaisée ;

J’oeuvrerai bien évidemment pour que cette analyse soit partagée et mise en oeuvre par l’ensemble de la majorité territoriale.

A ce titre, je considère qu’une responsabilité particulière pèse sur Femu a Corsica, la formation politique dont je suis issu.

D’abord parce qu’elle est, au plan électoral, la première force politique de la majorité.

Ensuite parce qu’elle a, dès 2010, placé au coeur de son identité politique la volonté d’ouverture et de création d’un espace de convergence ouvert aux forces vives et à la société civile.

Femu a Corsica doit donc évoluer fortement et rapidement, et devenir un véritable parti de gouvernement, adossé à un fonctionnement respirant et démocratique, ouvert à la société civile, présent sur tous les terrains de lutte et d’action, au plan interne comme au plan international.

Cette évolution est conforme à la volonté exprimée par la Chjama, Inseme per a Corsica et le PNC qui ont à plusieurs reprises ces derniers mois acté la nécessité de fusionner au sein d’une seule et même structure, et se sont souvent regroupés en comités régionaux « Femu » pour accélérer ce processus.

Elle répond également à l’attente de toutes celles et tous ceux qui désirent nous rejoindre, aux fins de participer activement à l’oeuvre colossale et enthousiasmante qui nous attend : construire un pays moderne et développé.

L’adaptation de Femu a Corsica aux enjeux de l’heure est donc un élément indispensable à la réussite de l’action collective engagée au service de la Corse et de son peuple.

Pour toutes ces raisons, le moment est venu : Femu a Corsica doit devenir le grand parti de gouvernement dont la Corse a besoin.

J’appelle donc l’ensemble des responsables et militants des organisations parties prenantes de Femu a Corsica, ainsi que toutes celles et tous ceux qui, non encore militants ou adhérents, se reconnaissent dans la démarche de Femu, et veulent être partie prenante de l’acte fondateur de la création de ce parti de gouvernement, à participer à une grande réunion constitutive.

Cette réunion constitutive, qui permettra d’acter publiquement notre volonté commune et de valider les différentes étapes de cette création selon un calendrier resserré, aura lieu le dimanche 30 juillet 2017 à Corti à 10 heures 30 (Università di Corsica).

Bastia, u 16 di lugliu 2017

Gilles Simeoni"